Transition écologique : comment ne plus opposer « fin du monde » et « fins de mois »

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Le mouvement des « gilets jaunes » montre qu’une fiscalité environnementale instaurée sans préparation ni compensation est vouée à l’échec. Des alternatives existent

En réagissant à l’augmentation de la taxe carbone, le mouvement des « gilets jaunes » a posé, dès ses origines à l’automne 2018, la délicate question de la transition écologique. Derrière le traumatisme du prix du carburant à la pompe, du diesel en particulier, d’autres problématiques sont en fait visées : délaissement des territoires ruraux, injustice de la fiscalité, inégalités sociales, etc.

Mais la transition écologique et son outil principal, la fiscalité environnementale, restent au cœur des discussions au point d’avoir été retenue comme l’un des quatre thèmes du grand débat national. Selon les statistiques gouvernementales, il arrive même en deuxième position (25 %), derrière la fiscalité (34 %), dans les 715 000 contributions parvenues sur le site consacré au grand débat.

Fiscalité et écologie se retrouvent donc étroitement mêlées dans une équation difficile à résoudre. « On détruit la planète, il n’y a plus d’oiseaux, il y a les pesticides. Le gouvernement ne fait rien. Mais pourquoi s’attaquer aux automobilistes, à ceux qui ont besoin de prendre leur voiture tous les jours ? », résumaient deux « gilets jaunes » reçus en délégation par la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, chargée aussi de l’organisation du grand débat, Emmanuelle Wargon, lors d’un déplacement à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 18 janvier.

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Alors pourquoi l’augmentation de la taxe carbone, consensuelle – celle-ci figurait dans le « pacte écologique » proposé par Nicolas Hulot et signé par tous les candidats à l’élection présidentielle de 2007 –, en progression chaque année depuis son introduction en 2014, a-t-elle mis le feu aux poudres ? « Ce qui a déclenché la colère, c’est une mesure dans la loi de finances 2018, qui a installé une augmentation plus forte pour cette année-là, en particulier pour le diesel. Auparavant, avec les prix bas du pétrole, la taxe était de fait “invisible” », rappelle l’économiste Christian de Perthuis, qui a présidé, en 2014, le comité pour la fiscalité écologique mis en place sous la présidence de François Hollande.

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