Un climat post-électorale pas des meilleures prévaut actuellement à Dakar. Avant la publication des résultats de l’élection présidentielle, une dizaine de jeunes de l’opposition a été arrêté. Et en milieu de semaine, c’est un un haut cadre de l’opposition qui a été mis aux arrêts.

Depuis la fin de la présidentielle, l’opposition sénégalaise est soumise à une surveillance sans précédent. En effet, malgré une victoire nette de 58% dès le premier tour, la réélection du président Macky Sall a encore du mal à passer aux yeux de certains. Cette situation est d’autant plus  préoccupante que le président n’a pas franchi la barre des 50% dans les zones urbaines à forte densité.

Ce qui  fait que ces zones sont dans une tension latente, attendant le moindre prétexte pour exploser. Ce que le gouvernement a compris et à déployer tout son arsenal d’espionnage. Ne se limitant pas seulement à une écoute des opposants, il s’est lancé depuis la fin de l’élection présidentielle à une arrestation massive des jeunes de l’opposition. Certains sont jugés cette semaine en comparution immédiate.

 Le symbole de ses arrestations arbitraires  est incarnée aujourd’hui par le colonel Abdourahim Kébé, secrétaire national chargé de la Défense du parti Rewmi d’Idrissa Seck, candidat malheureux à la présidentielle, arrivé en 2ème position avec 20% des voix. Il est reproché à l’ancien haut gradé de l’armée sénégalaise d’avoir publié sur son compte Facebook un message invitant les populations à prendre ses responsabilités face ce qu’il qualifie de hold-up électoral du pouvoir.

En plus de l’infiltration des policiers aux cercles de l’opposition, les autorités semble désormais exiger plus des « hommes en bleu », au point de mettre leur vie en danger. C’est ainsi que ce lundi 5 mars, un policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) a été pris en flagrant délit d’intrusion dans le véhicule en stationnement du Maire de Mermoz-Sacré-Cœur, Barthélémy Dias.

Opposant et fidèle parmi les fidèles de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall (en prison pour détournement de denier public dont les partisans dénoncent un procès politique), M. Dias est un jeune très fougueux qui ne fait pas les choses à moitié. C’est pourquoi le pouvoir le surveille comme du lait sur le feu.

Mais cette-fois, le policier a été très imprudent et s’est fait prendre. Aussitôt, sa carte professionnelle a été balancée sur les réseaux sociaux suscitant l’indignation générale. L’attitude de la hiérarchie de l’appareil sécuritaire sur cette affaire a été reprouvée par les citoyens qui exigent que l’affaire soit tirée au clair. Ce, d’autant plus que Barthélemy Dias et ses camarades se réunissaient dans un domicile privé.

Le Potienteilonline