Premier dîner du Crif pour Macron, attendu sur la haine antisémite

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) tenait mercredi soir à Paris son dîner annuel, rendez-vous très couru où Emmanuel Macron devait être interpellé sur les formes persistantes de l’antisémitisme, qu’il soit “du quotidien” ou prospérant sur internet.

Le 33e dîner du Crif est le premier de l’actuel locataire de l’Elysée en tant que chef de l’Etat, après sa venue l’an dernier comme candidat à la présidentielle.

L’organe de représentation politique de la communauté juive organisée a vu les choses en grand: l’événement a été déplacé au Carrousel du Louvre. Plus spacieux, le lieu a aussi été choisi en “petit clin d’oeil au président de la République”, a confié à l’AFP le président du Crif, Francis Kalifat. C’est devant la pyramide du Louvre qu’Emmanuel Macron avait tenu son premier discours de président élu.

Un millier d’invités devaient participer à ce dîner, qui s’est installé comme un rendez-vous sans équivalent dans l’agenda public par son pouvoir d’attraction de responsables politiques (ministres en nombre, parlementaires…), ambassadeurs, dignitaires religieux, chefs d’entreprises, leaders syndicaux ou personnalités des médias.

Parmi les personnalités réunies figurent l’ancien président François Hollande, l’ex-Premier ministre Manuel Valls et une quinzaine de membres de l’actuel gouvernement, dont le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer et le porte-parole Benjamin Griveaux.

Enfin, “l’affaire Céline” s’est invitée au dîner, après qu’Antoine Gallimard a fait savoir qu’il n’avait en fait “pas renoncé” à rééditer les pamphlets antisémites de l’écrivain.

“Il n’y a aucun intérêt aujourd’hui, sauf à vouloir alimenter un peu plus la haine antisémite dans notre pays, à rééditer ces pamphlets”, a redit Francis Kalifat. Une étude critique du Crif sur l’écrivain va d’ailleurs être distribuée lors du dîner.

Pour le responsable communautaire, il ne suffit pas de lutter contre l’antisémitisme dans les quartiers populaires, le “plus actif”. Il convient d'”être vigilant” face à “cet antisémitisme des années 30” prêt “à ressurgir à la première occasion”.