Mort des Oryx au ranch privé d’Abdou Karim Sall : Entre conflit d’intérêt et abus de pouvoir, pourquoi l’Assemblée nationale doit s’autosaisir…

La mort des deux gazelles Oryx enregistrée récemment dans l’univers des animaux sénégalais soulève encore l’ire des responsables politiques, environnementaux et/ou encore de simples amoureux des animaux.

Aux nombreuses interventions, celle de Maître Ousmane Seye, tenue ce dimanche, interpelle l’Assemblée nationale à entendre le ministre de l’environnement, Abdou Karim Sall accusé de n’avoir pas le droit de déplacer ces animaux de leur parc d’origine à Ranérou pour son ranch privé. Pour l’avocat, l’hémicycle qui a le devoir d’informer le peuple sur des situations du genre, doit s’autosaisir et convoqué le principale concerné. «Si c’est avéré, disons que c’est extrêmement grave. Le peuple doit savoir la vérité. Des instances comme l’Assemblée nationale doit convoquer le ministre de l’environnement à une séance d’explications. Pour ensuite informer l’opinion de la réalité des faits. Parce que le peuple doit savoir», a dit l’avocat qui cite comme exemple, le cas de Didier Raoul en France sur l’affaire de la Chloroquine. Me Seye poursuit : «je ne crois pas que le ministre de l’environnement a le droit de transporter des gazelles du parc national pour son ranch privé. On lui a confié la protection de l’environnement et des animaux. Des biens communs. Alors personnes n’a le droit de s’en approprier. Si les faits tels que relatés, sont avérés, on peut dire que c’est un conflit d’intérêt, un détournement de pouvoir. Alors si ce sont de simples accusations, lui-même peut se défendre au niveau de l’Assemblée nationale ou au tribunal»

Qu’en est des conditions du convoyage de ces Oryx…

Le ministre éclaboussé dit à qui veut l’entendre que l’ire de cette perte d’espèce animale ne l’ébranle pas. Pourtant ces espèces ont coûté de la fortune au Sénégal. Le colonel Djim Momar Gueye informe que leurs prix frôlent les 50 millions de franc Cfa. L’ancien conservateur des parcs de Niokolo-Koba et du Delta du Saloum, impose la nécessité «d’une enquête.» sur la disparition de ces espèces qui n’existaient pas ici. C’est l’Israël qui les avait offertes au Sénégal.

D’après l’ingénieur en eaux et forêts, « il faut savoir que pour transporter des animaux d’un parc à un autre, il faut tenir compte de leurs conditions de vie, de leur comportement, de leur santé et de leur capacité d’adaptation. C’est pourquoi il y a des spécialistes pour les déplacer, comme un vétérinaire. Parce que le stress peut tuer rapidement un animal quand on le déplace. » Autant pour dire qu’il y a des critères à respecter. D’abord, éviter que l’animal se blesse, ensuite qu’il soit saint et sauf et enfin tenir compte de son épanouissement lors du déplacement. Il s’agit ici d’une trilogie infaillible à obéir.

Cela insinue alors une question sur le transport de ces oryx du parc de Ranérou au ranch privé du ministre de l’environnement Karim Sall. Ont-ils respecté ces critères ? En tout cas ces deux gazelles, dit-on, sont mortes lors du convoyage.

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