Lutte contre le coronavirus : L’Afrique aura des vaccins au second semestre de 2021

Les questions relatives, entre autres, à la disponibilité, à la conservation, au financement des vaccins contre la Covid-19, en Afrique, ont été abordées, hier, lors d’une conférence de presse virtuelle. À l’occasion, le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique, a déclaré que “des vaccins pourraient être disponibles d’ici au deuxième semestre de 2021”.

Il a été récemment annoncé la découverte de vaccins efficaces contre la Covid-19. En conférence de presse virtuelle, hier, 26 novembre 2020, le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique a indiqué que “certains de ces vaccins pourraient être disponibles d’ici au deuxième semestre de l’année prochaine”. L’accès des pays africains à ces vaccins se fera dans l’initiative Covax.

Un dispositif mis en place pour “accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19 visant à collaborer pour un accès mondial et équitable aux vaccins contre le virus de la Covid-19”. Coordonné par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi), l’Alliance Gavi et l’Oms, “Covax contribue au développement des capacités de fabrication et à l’achat de fournitures, à l’avance, afin que 2 milliards de doses puissent être distribuées équitablement d’ici à la fin 2021”, lit-on sur le site de l’Oms. Selon Dr Moeti, avec Covax, ils espèrent disposer “de suffisamment de vaccins pour les populations les plus vulnérables, les personnes âgées en l’occurrence, et les agents de santé”. Ces derniers étant les plus exposés au coronavirus.

Mais avant d’en arriver à la disponibilité des vaccins contre la Covid-19, les pays africains doivent, au préalable, relever un défi majeur : la chaine de froid. Car, pour le moment, les vaccins annoncés doivent être conservés à des températures très basses (-70°, par exemple). “Concernant la chaine de froid, nous pouvons avoir beaucoup de difficultés avec un vaccin nécessitant d’être conservé à -70°”, a averti la Directrice régionale de l’Oms. “Pour Moderna, ça va être très difficile”, a ajouté le Pr Helen Rees, Directrice exécutive de l’Institut de la santé reproductive et du VIH de l’Université du Witwatersrand et présidente du Groupe consultatif technique régional africain sur la vaccination (Gtcv). Par contre, Dr Moeti a souligné que les autres vaccins crédités d’un niveau de conservation de -20° seront “plus faciles pour nos pays”.

Compte-tenu de ces inquiétudes, Dr Richard Mihigo, Responsable des urgences et des vaccins au bureau de l’Oms Afrique à Brazzaville, a soutenu que la “question de la chaine de froid et de la logistique doit être étudiée de près”. Mais, pour combler les lacunes pouvant entraver le déploiement des vaccins contre la Covid-19 en Afrique, il a préconisé de s’appuyer sur les systèmes pré existants utilisés dans la vaccination de routine, en particulier dans la prévention des maladies affectant les enfants de moins de 5 ans.

Mais le mieux pour le Pr Rees, par ailleurs présidente de l’Autorité de réglementation des produits de santé d’Afrique du Sud, serait de faire des essais cliniques en Afrique. D’ailleurs, elle a rappelé qu’il y a un vaccin pour lequel des essais cliniques ont été faits en Afrique du Sud. “Mais les résultats n’ont pas été inclus”, a-t-elle regretté, insistant sur la nécessité de promouvoir un accès équitable aux vaccins grâce au dispositif Covax qui concerne, pour l’instant, 180 pays. “Il faut un accès équitable aux vaccins, surtout que la plupart des pays riches ont précommandé des milliards de doses de vaccins”, a-t-elle déclaré, plaidant pour démocratiser les vaccins contre la Covid-19.

Des subventions pour faciliter aux pays africains la disponibilité des vaccins

Concernant la gratuité des vaccins en question, la Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique a rappelé que le dispositif Covax comprend des pays aux revenus faibles. En plus, la Banque mondiale a mis en place une stratégie pour permettre à ces pays d’accéder à ces vaccins. Il y aura donc “des subventions afin de permettre à ces pays de disposer des vaccins”, a clarifié Dr Moeti. Selon elle, il y a aussi les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Cdc Afrique) pour couvrir ce que Covax ne peut pas assurer. Néanmoins, “on va demander aux pays africains de faire des efforts”, a-t-elle ajouté.

L’Afrique invitée à se tenir prête

Lors de la conférence de presse virtuelle de l’Oms/région Afrique, le Pr Poutiano Kaleebu, Directeur de l’Institut ougandais de recherche sur les virus (Uvri) et du Mrc/Uvri et de l’école d’hygiène de Londres et la médecine tropicale Unité de recherche en Ouganda, a fait part de la nécessité de poursuivre les recherches sur les vaccins. Il a estimé que “ce serait bien que des essais cliniques se fassent en Afrique”. Mais il a tenu à préciser que cette proposition n’est pas une condition pour le déploiement de vaccins en Afrique.

Justement en perspective à cette opération, Dr Mihigo a invité les pays africains à “se préparer” et à “se tenir prêts”. C’est dans ce sillage que s’inscrit l’appel du Dr Moeti. “Il faut accélérer le travail, se préparer, même si on a l’habitude de faire avec les vaccinations de routine. Mais il va falloir s’adapter, car il ne s’agit pas d’enfants de moins de 5 ans”. La Directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique a aussi incité à poursuivre le travail. Car elle est convaincue que “les interventions de santé publique doivent continuer, même s’il les fêtes de fin d’année approchent”.

Le Soleil

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