L’un des plus vieux prisonniers de France demande une grâce présidentielle

En 1977, M. Cardon et un comparse ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un voisin qu’ils avaient cambriolé. La peine de mort avait été requise. Les deux hommes étaient repartis avec un butin de 200 francs et une charrette d’objets dérisoires.

Quarante années plus tard, Me Morain, avocat de Michel Cardon, a demandé une grâce présidentielle pour son client, l’un des plus anciens prisonniers de France, selon lui. «On dirait qu’il a été «oublié» en détention», s’est étonnée la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Lille, qui a constaté «qu’aucun projet d’exécution de peine n’a été imaginé à son sujet».

Éteint par sa longue détention

Me Morain a confié à l’AFP le choc de sa première rencontre avec M. Cardon, son impression de voir «Robinson Crusoé»: «Il avait une barbe qui lui mangeait le visage, la bouche tordue après un AVC, des difficultés d’élocution du fait de problèmes cardiaques, il est sourd d’une oreille, a une cécité partielle… mais il a aussi l’un des plus beaux sourires que j’ai vus de ma vie».

Dans son courrier à Emmanuel Macron, Eric Morain souligne l’absence de «dangerosité» de Cardon «éteint par cette trop longue détention». «Je vous demande solennellement (…) d’user de votre droit de grâce au bénéfice de M. Michel Cardon, détenu au centre de détention de Bapaume», dans le nord de la France, «sous le numéro d’écrou 7147 depuis 40 ans, 3 mois et 14 jours», écrit l’avocat, Me Eric Morain, dans un courrier daté du 12 février et révélé par le quotidien le Journal du Dimanche.

L’avocat a également déposé une demande de libération conditionnelle qui sera examinée le 15 mars. Selon lui, M. Cardon aurait pu réclamer depuis vingt ans le bénéfice d’une liberté conditionnelle mais il a purgé sa peine, isolé, sans contact avec l’extérieur.

Son premier parloir en trente-huit ans d’incarcération sera celui de son codétenu tout juste libéré à l’été 2016, le second celui de son avocat qui, dans une lettre ouverte, déplorera: «La société qui vous a sanctionné a choisi aussi de vous oublier».