Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, quitte le Parti socialiste

Membre du gouvernement d’Emmanuel Macron et, en même temps, membre du Parti socialiste? Impossible avait répondu le coordinateur national du PS Rachid Temal. Le chef par intérim du parti a toujours affirmé que les socialistes qui avaient rejoint Emmanuel Macron s’étaient exclus «de fait». Pourtant, le ministre des Affaires étrangères a longtemps laissé planer l’ambiguïté, continuant à se revendiquer du PS. Jean-Yves Le Drian a finalement levé le voile jeudi sur CNews en annonçant qu’il «prenait acte» de la décision et qu’il quittait le Parti socialiste.

De la «fierté» mais aussi de la «déception»

«Je me retire du Parti socialiste, avec beaucoup d’émotion après 44 ans, beaucoup de fierté parce que j’ai participé à des combats sous François Mitterand, sous Lionel Jospin, sous François Hollande avec qui j’ai toujours une forte amitié mais je me retire aussi avec déception», a souligné Jean-Yves Le Drian.

Le ministre des Affaires étrangères regrette notamment que le PS se range, selon lui, «dans une opposition sectaire et puérile» plutôt que dans une démarche constructive avec la majorité. «J’estime aujourd’hui que la manière d’avancer vers l’Europe, la manière de transformer notre pays, c’est auprès d’Emmanuel Macron qu’il faut le faire. Je regrette que le Parti socialiste se replie sur des convictions à mon sens dépassées», a-t-il déploré. Jean-Yves Le Drian refuse en revanche de rejoindre La République en marche, préférant simplement se revendiquer «de la majorité présidentielle.»

«Ça a dû lui faire mal»

Une décision «cohérente» saluée par les socialistes, à commencer par Stéphane Le Foll. «On ne peut pas être au gouvernement, soutenu par une majorité, et être dans un parti d’opposition. Ça ne pouvait pas continuer, à un moment soit il faut quitter le gouvernement, soit quitter le Parti socialiste. C’était une clarification qui était extrêmement nécessaire», a déclaré jeudi sur Public Sénat son ancien collègue ministre sous François Hollande, aujourd’hui candidat au poste de Premier secrétaire du PS. «Jean-Yves Le Drian a une longue histoire avec le Parti socialiste: ça a dû lui faire mal mais je pense qu’il a fait ce choix il y a déjà quelques temps, en soutenant Emmanuel Macron», a avancé de son côté le commissaire européen et socialiste Pierre Moscovici sur BFM TV.

Le coordinateur national du Parti socialiste Rachid Temal, le premier à avoir annoncé que Jean-Yves Le Drian ne faisait plus partie du PS, s’est quant à lui montré plus sévère. «Certains s’intéressent – au lendemain du débat réussi – à celles et ceux qui ont quitté le PS pour rejoindre une autre formation politique ou le gouvernement d’Édouard Philippe. Moi je m’intéresse aux militants et élus qui sont au Parti socialiste au nom de nos valeurs et préparent l’avenir», a-t-il commenté sur sa page Facebook. «Il n’est plus membre du PS depuis son entrée au gouvernement», a-t-il d’ailleurs souligné auprès du Figaro.