Ethnicisme ? Non, pas au Sénégal !

Ethnicisme. Il ne manquait plus que ça ! Le Sénégal joue avec le feu. Point besoin de convoquer le Rwanda dans le débat pour savoir que ce cynique jeu est dangereux. Le Rwanda et ses belles collines transformées en torrent de sang et de larmes. Le souvenir est toujours vivace et la plaie ne va peut-être jamais se refermer. Serions-nous donc tentés par le diable ? Alors que les autres le fuient comme de la Covid-19, nous voilà, nous Sénégalais en train de nous amuser avec le diable. La pandémie ne suffit-elle pas déjà à notre peine ?

Sachons une chose : une pandémie « ethniciste » n’a pas besoin de « seconde vague » pour tuer. Juste une seule vague lui suffira pour nous exterminer tous. Ethnicisme ! Rien que son évocation doit faire trembler. Passe encore tant qu’il s’agit de défendre son appartenance à une « ethnie » comme à un pays, une région, une religion. Mais en faire une doctrine comme cela s’est passé ailleurs avec les conséquences désastreuses que l’on sait ou à l’image d’un certain Hitler et sa fameuse race aryenne, le chaos est garanti. L’humanité a sombré à chaque fois que des illuminés ont théorisé et exécuté l’idée fallacieuse de la « supériorité » d’un groupe d’individus sur un autre groupe. Non, pas ça au Sénégal !

« Un Président ne devrait pas dire ça… » Un opposant non plus. Surtout pas un journaliste ! Un argument, quelles que soient la voix ou la parole qui le portent et même étayé par des faits irréfutables, cet argument perd de sa force, de sa valeur et finalement de sa pertinence dès lors qu’il est de nature à jeter le trouble dans les esprits. Pire, à faire exploser le tissu social pour mettre en péril la concorde nationale. Qui veut brûler ce pays-mère et si cher ? De quoi le funeste « Projet » est-il le nom ? Des questions graves auxquelles personne n’ose apparemment répondre. Du moins, la réponse tangue entre la politique de l’autruche et la peur de parler. Pourtant la sagesse recommande depuis belle lurette la vigilance et le ressaisissement.

Sagesse. Serigne Mountakha Mbacké en est assurément un de symboles en ces moments de passions fortes avec leur comptabilité macabre : 12 personnes dans la tombe, selon Amnesty. Cependant, il est judicieux de se demander, qui a osé, dans l’entourage du Sage de Touba, organiser l’audience troublante à laquelle ont eu droit Clédor Sène et Assane Diouf. Avouons que ces deux « talibés » ne sont pas communs et ils sont loin d’être commodes. Quelque chose de grave a dû se passer dans la cour du respecté et respectable khalife général des Mourides qu’on est bien curieux de savoir. Le pardon peut être accordé à tout fautif quel que soit le délit ou le crime, surtout quand il fait amende honorable – tuub en wolof. Mais Assane Diouf et Clédor Sène méritent-ils l’audience qui leur a été accordée à Touba ? Comment ont-ils pu obtenir l’entrevue avec le Khalife ? Mystère.

Le Président Alpha Condé, lui, ne fait plus mystère de ses états d’âme. Très curieuses, pour ne pas en dire davantage, les déclarations du chef de l’Etat guinéen selon lesquelles, nous le citons : « Toutes les tentatives de déstabilisation visant la Guinée viennent du Sénégal. » Venant de Condé, cela ressemble fort à un écran de fumée. Un autre « Président qui ne devrait pas dire ça… » En tout état de cause, les périls montent au sein et autour du Sénégal. Un Président averti, Macky Sall en l’occurrence, s’apprête à parler au pays à l’occasion de son message à la Nation du 3 avril, veille de la Fête de l’Indépendance. Le peuple est à l’écoute. Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse. Il représente une menace à l’image d’un loup solitaire.

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