En Afrique du Sud, la question brûlante des terres du roi zoulou

LETTRE D’AFRIQUE

C’est l’une des rumeurs les plus tenaces de l’Afrique du Sud. Elle avance qu’Elizabeth II, reine d’Angleterre, possède en secret une partie du pays et détient, dans les coffres de son palais de Buckingham, les titres de propriété qui en attestent. Ce ne serait qu’une fantaisie, complotiste sur les bords (quand la reine va-t-elle tout à coup, coup de théâtre, mettre sur la table ses titres de propriété et récupérer ainsi le contrôle de ses vastes possessions d’Afrique du Sud ?), si cette assertion n’était prise pour argent comptant par des responsables politiques du pays, notamment Julius Malema, le « commandant en chef » du parti radical, les Combattants pour la liberté économique, qui a déjà assuré en public :

« Ce pays est encore entre les mains des exploiteurs coloniaux. Ce pays est encore entre les mains des Blancs. Ce pays est contrôlé depuis Londres. Il y a des pans entiers de terre, ici au KwaZulu-Natal, dans le Cap oriental et les provinces rurales, dont les titres de propriété sont encore possédés par la Reine Elizabeth. »

Il n’est pas le seul à colporter cette fadaise. Une bonne source assure que Nkosazana Dlamini Zuma (ex-épouse de Jacob Zuma), qui a été à deux doigts de prendre la direction de l’ANC (Congrès national africain, parti au pouvoir) lors de la conférence de décembre, est convaincue de la véracité de cette théorie ; on ignore ce qu’elle en aurait fait, une fois arrivée au pouvoir, puisque Cyril Ramaphosa lui a soufflé la direction de l’ANC de quelques voix.

Or, depuis cette conférence, la question de la terre est devenue brûlante, mais pour de toutes autres raisons. Lors des discussions musclées de décembre (des délégués en sont venus aux mains à ce sujet), l’ANC a finalement adopté, pour la première fois depuis son avènement au pouvoir vingt-trois ans plus tôt, l’idée de discuter des saisies de terres possédées par les Blancs pour les redistribuer, sans compensations.

Un audit réalisé par…