Dialogue national, le choix de l’opposition par Babacar Diouf !

0
72

Dialogue national, entre réalisme et cohérence politique, l'opposition choisit la dernière.

Je voudrais d'abord dire que la seule opposition légitime et crédible est celle qui a concouru au suffrage des Sénégalais. Soit celle qui avait effectivement participé à la présidentielle soit celle qui avait décidé de participer mais finalement recalée par le "gal gal" du président, le parrainage.
Même le PDS "des Wade" ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une certaine légitimité, car ayant renoncé à participer à la présidentielle. Pire, il est désormais dans la phase critique de son comma, avec la mise à mort d'Oumar Sarr, qui malgré son manque de charisme, a tenu le flambeau avec courage.
En décidant de ne pas répondre au dialogue (à l'exception d' Issa Sall), l'opposition légitime s'inscrit dans la logique de sa déclaration faite au lendemain de la proclamation des résultats de la présidentielle. Elle avait dit ne pas reconnaître les résultats. Ainsi, elle ne pourrait pas reconnaître le président de la République. Aller répondre au dialogue serait un reniement et une incohérence. Un vrai dialogue marqué de considération et de sincérité était un impératif avant l'élection. Mais hélas rien ! Tout le processus électoral s'est fait sans consensus. Accepter maintenant d'aller discuter avec celui dont on conteste la légitimité serait tout simplement une capitulation politique. En réalité, la contestation de l'opposition ne portait pas sur sa défaite aux urnes ( le décompte des bulletins a incontestablement donné à Macky Sall vainqueur ) mais sur les méthodes peu orthodoxes qui ont favorisé cette victoire du président sortant.
Le dialogue est juste une opportunité saisie par le président pour refaire son image politique après une victoire à moult interrogations lors de la présidentielle, n'ayant même pas suscité des jubilations. Ceux qui convoquent l'histoire en remontant jusqu'à la Grèce antique ou les versets du coran pour justifier le dialogue , n'iront pas au bout de la logique.

Mais l'opposition légitime prend aussi des risques. 2024 c'est bientôt, le processus de cette élection pourrait se décider dès maintenant. Si ce dialogue aboutit à des consensus politiques forts, l'opposition qui n'a pas répondu au dialogue aurait des difficultés à changer les règles du jeu dans la perspective de la prochaine présidentielle. Donc l'opposition légitime est une cohérence politique mais prend des risques énormes.

Babacar Diouf, professeur d'HG au lycée de Nguékokh.

Laisser un commentaire