Crise post-électorale en Guinée : Les vieux démons qui menacent Bissau

En novembre 2019, la communauté internationale commença à s’indigner d’une prise de mesures par le Président José Mario Vaz allant dans le sens de soulever des heurts en Guinée Bissau. Des controverses politiques sont nées avec le choix du chef de l’Etat de mettre fin aux fonctions d’Aristide Gomes au poste de Premier ministre. Au-delà de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) et l’ONU avait aussi décrié cette décision.

Des réactions qui se justifiaient par le choix de M. Aristide Gomes comme chargé de conduire le processus électoral selon les accords de sortie de crise conclus à Lomé lors d’un sommet extraordinaire de la Cédéao. Le Président Vaz a été accusé de vouloir placer un de ses hommes en la personne de Faustino Imbali pour avoir une main sur l’armée et « éliminer » les hommes de Gomes qui s’agrippent aux affaires.
Les origines de la crise
La crise politique qui menace encore une fois de déstabiliser la Guinée Bissau a des débuts qui datent d’avant les élections. José Mario Vaz, élu en 2014 à la tête du pays sous la bannière du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) – le principal parti du pays – et l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, qui contrôle la formation politique et la majorité à l’Assemblée nationale. Les dissensions entre les deux personnalités éclatent au grand jour quand le premier démet en 2015 le gouvernement du second jugé trop influent au sein de l’ancien parti unique et accusé d’être corrompu. S’en est suivie une guerre larvée entre les deux hommes politiques qui a mené au départ de plusieurs figures du PAIGC et à l’exclusion du président élu, obligé de se représenter pour un nouveau mandat sans étiquette. Sans véritable base politique, José Mario Vaz nomme au rythme des alliances, pas moins de six chefs de gouvernement en cinq années.
Le Comité, selon une source digne de fois consultée, a invité les partisans des deux candidats à œuvrer pour la paix et la stabilité du pays. Non sans mettre en garde ceux qui s’engageraient dans le sens contraire. A propos, les émissaires de la Cedeao ont condamné fermement les « propos discourtois » tenus à l’encontre de certains chefs d’Etat et ont réaffirmé l’engagement de la Communauté à consolider la paix et la démocratie en Guinée-Bissau. Ceci pour aider ce pays à mettre en œuvre les priorités de son développement économique.
La Guinée-Bissau semblait avoir tourné la page des périodes d’instabilité politique faites de coups d’État avec l’élection en 2014 de José Mario Vaz à la tête du pays. Sept ans après le dernier putsch militaire, le pays renoue avec ses vieux démons au sortir de la présidentielle du 24 novembre marquée par des incertitudes qui ne se sont pas limitées au pays.
La présidentielle et la prise de position affichée par le Président Vaz et ses hommes au sommet
Douze candidats briguent la magistrature suprême lors de ce scrutin qui s’est transformé à la fin, en un duel entre le président sortant José Mario Vaz et l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, dont l’inimitié alimente les tensions politiques dans le pays.
En pleine campagne électorale, le chef de l’État s’est entretenu tour à tour avec le chef d’état-major général, Biagué Nam Tam et le vice-chef d’état-major, Mamadu Ture Kuruma.
La crise post-électorale
La situation politique est électrique en Guinée Bissau. L’élection d’Umaro Sissoko Embalo à la tête de la magistrature suprême est contestée par ses adversaires. Laquelle contestation suscite encore plus de polémiques à l’heure où la Cours suprême invalide la victoire du nouveau élu. Alors que la commission électorale avait tranché en faveur du jeune président. Retour sur les faits saillants d’une élection qui risque d’entacher la démocratie guinéenne.
Le 1er janvier 2020, le peuple Bissau- guinéenne a fait confiance à Umaro Sissoko Embalo en portant à la tête de leur présidence des suites d’une élection. Il a obtenu 53,55% des suffrages exprimés, contre 46,45% pour Domingos Simões Pereira, candidat investi par le PAIGC, selon les chiffres officiels délivrés par la par la Commission électorale nationale (CNE). Toutefois cette nouvelle n’a pas fait que des heureux, étant donné que ses adversaires n’ont pas manqué de déposer des recours pour contester cette nomination. Qu’es ce qui anime cette requête ? On ne saurait le dire mais ces derniers ne comptent pas rester les bras croisés.
« Les résultats provisoires qui viennent d’être proclamés sont pleins d’irrégularités, de nullité et de manipulations, qui [constituent] une fraude électorale. Un tel résultat, nous ne pouvons pas l’accepter », a déclaré devant des militants au siège de son parti M. Pereira. Et depuis cette contestation une crise est née. Et dans un souci d’apaisement, la Cedeao en marge du sommet de l’Union africaine a intervenu pour calmer les tensions institutionnelles, juridiques et politiques. Dans la foulée il a invité la Cour suprême a évacuer ce contentieux.
Chose qui a été faite sachant que l’instance s’est prononcée le 14 février dernier en invalidant l’élection d’Umaro Sissoco Embalo. Les juges ont ainsi redemandé à la commission de procéder à la vérification du procès-verbal global du second tour de la présidentielle du 29 décembre. Se sentant en danger, Umaro Embalo s’était dit prêt à entrer en guerre pour revendiquer sa victoire avant ‘annoncer son investiture le 27 février prochain. Une décision qui a accentué de plus en plus la crise en Guinée Bissau, qui est loin d’être résolue.
Même si la commission électorale après revérification a révélé, à travers une lettre une lettre dans ce sens, au Président spécial de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, que les résultats publiés après le comptage des voix du second tour de l’élection présidentielle sont définitifs. Dans la correspondance, l’organe d’administration des élections déclare que le dernier arrêt de la Cour suprême, qui insiste à nouveau sur un nouveau traitement national des résultats, pourrait « remettre en cause l’intégrité du processus électoral ».
Ainsi, le feuilleton continue dans ce pays où l’élection présidentielle ne connaît toujours pas de vainqueur officiel.

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