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INPTIC : La mise au point de Claude Ahavi

Les cours sont suspendus depuis plusieurs semaines à l’Institut national de la poste, des technologies de l’information et de la communication (INPTIC,). Dans cette interview accordée le 8 novembre à Gabonreview, le directeur général, Claude Ahavi, fait le point sur la situation réelle qui prévaut au sein de son établissement.

Claude Ahavi, directeur général de l’INPTIC, le 8 novembre 2018.© Gabonreview

 

Gabonreview : Les cours sont arrêtés dans votre établissement depuis plusieurs semaines. Vous avez eu une réunion avec le ministre de la Communication, afin de trouver des solutions. Qu’en est-il exactement ?

Claude Ahavi : Nous sommes effectivement en arrêt de cours depuis le 26 septembre, parce que les enseignants ont décidé d’interrompre les cours, faute de paiement de leurs vacations depuis quatre ans. La situation est tout simplement due au fait que les frais de scolarité pris en charge par l’Agence nationale de bourses du Gabon(ANBG) n’ont pas été versés. Comme vous le savez, l’ANBG dépend de l’Etat et vous connaissez la situation financière et de trésorerie que traverse le pays depuis trois ans.

Cela fait plus de trois ans que nous n’avons plus reçu la subvention de l’ANBG. Et le Montant  est évalué à plus de 2 milliards de francs CFA à ce jour. Nous n’exigeons pas le paiement intégral de ce montant. Les enseignants ne demandent qu’une avance  pour reprendre les cours. Et tant qu’il n’y aura pas cette avance, les cours ne reprendront pas.

Depuis quand les vacations ne sont pas payées?

Pratiquement la même période. Nous rentrons dans la 4e année. Et les vacations des enseignants doivent être payées avec l’argent verse par l’ANBG. Cet argent constitue plus de 80% de frais de scolarité. Notre personnel n’est pas également payé depuis 11 mois. Parce que depuis pratiquement 3 ans, nous fonctionnons grâce à la subvention de l’Etat qui est de l’ordre de 300 millions francs CFA par an. Or, cette subvention est payée par tranches. Et quand nous recevons quelque chose, nous versons une avance. Aujourd’hui, nous cumulons des arriérés depuis trois ans. Et cette année nous sommes à 11 mois.

L’autre sujet qui fâche  concerne les frais d’inscription et décollage qui sont, semble-t-il, jugés trop élevés par les étudiants.

Ce problème a également constitué la source de la  révolte des étudiants. Ce qu’il faut savoir, c’est que nous avons reçu instruction de ministère de l’Economie numérique qui est notre hiérarchie, de voir dans quelle condition les étudiants devraient désormais contribuer à leurs frais de formation. Parce que nous ne pouvons plus tout attendre l’Etat.

C’est ainsi que qu’une proposition avait été faite au conseil afin de demander aux étudiants de contribuer à leurs frais de formation. Ce texte avait été approuvé par la hiérarchie comme le prévoient les textes. Et c’est sa mise en application qui fâche. Les étudiants sont révoltés parce qu’ils ne veulent pas du principe du paiement et du montant. Parce qu’ils estiment que l’INPTIC est une structure publique, il n’y a pas de raison qu’ils payent.

Le montant qui avait été arrêté pour l’ensemble des étudiants de la 1ère année jusqu’en  licence, était  de 300 mille francs CFA pour les frais de scolarité et 200 mille francs CFA pour les frais d’inscription. Lors de la  réunion du 6 novembre, le ministre Guy Bertrand Mapangou a écouté la plaidoirie des étudiants et les montants ont  été revus à la baisse.

Les montants actuels varient de 105 mille à 125 mille pour les frais d’inscription et 130 pour les frais de scolarité. Pour l’ensemble des cycles, les frais de scolarité sont fixés à 130 mille francs CFA. Les frais d’inscription sont de 105 mille francs CFA pour la première année, 115 mille francs CFA pour la deuxième année et 125 mille francs CFA pour la 3e année.

Il faut également préciser que pour des raisons d’éthique et pour que nos étudiants soient facilement identifiables, nous avons  tenu à instaurer un uniforme. Cet uniforme était compris dans les frais d’inscriptions. Malheureusement, les étudiants ont estimé que cela constitue une dépense additive. Le ministre a demandé de sursoir à cette mesure, afin que l’achat de la tenue soit pris en charge par le budget de fonctionnement de l’établissement.

Que doivent retenir les étudiants ? Que aussi longtemps que l’argent ne sera pas versé aux enseignants, les cours ne reprendront pas ?

Ecoutez ! C’est le principe. Maintenant, si les enseignants reviennent sur leur position et comprennent que cela ne dépend pas de l’établissement, ils peuvent reprendre les cours par patriotisme. Mais cela m’étonnerait. Nous avons près de 17 enseignants permanents payés par l’INPTIC qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis 11 mois. Ce qui est lamentable. Les enseignants vacataires sont au nombre de  100. Mais ils n’interviennent pas tous au même moment. Ils interviennent en fonction des modules et des heures qui leurs sont affectés.

Propos recueillis par Jean-Thimothé Kanganga

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