Le Tonnerre

Gabonreview

Alliance électorale RHM/UN : L'invention du possible ?

Personnalités engagées aux locales à la rescousse des candidats à la députation, éventualité de la présence d’un nombre impressionnant de gens dans les bureaux de vote, forte pression sur les démembrements du Centre gabonais des élections (CGE)… L’accord politique entre le Rassemblement Héritage et modernité et l’Union nationale ouvre de nouvelles perspectives.

Leaders et membres de l’alliance RHM/UN, le 12 septembre 2018, à Akanda lors de l’inauguration du QG de campagne du candidat UN, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. © D.R.

 

Ensemble et unis, militants et membres de l’alliance RHM/UN, le 12 septembre 2018, à Akanda. © Gabonreview

La perspective des législatives à venir est-elle en passe de restaurer l’espoir ? Les électeurs finiront-ils par y croire ? Se mobiliseront-ils pour ces échéances ? Il y a moins d’une semaine, on pouvait légitimement en douter. Malgré le relatif succès de l’opération d’enrôlement (lire «L’Un pour des prolongations»),  l’opinion paraissait désabusée. Toujours groggy, elle  semblait se complaire dans une sorte de défaitisme. Certains décrivaient ces échéances comme un moyen de «légitimer» le pouvoir issu de la dernière présidentielle. D’autres y voyaient un enterrement de première classe pour certaines revendications, notamment celle relative au sort de certains détenus. Il y en avait même pour lancer des accusations de collusion, sans y apporter le moindre commencement de preuve. Tout, y compris le couplage des élections, semblait donner du grain à moudre aux sceptiques. Pourtant, depuis quelques jours, la tendance semble s’inverser, la signature d’un accord politique RHM/UN laissant croire à de nouvelles perspectives.

Antidote à la fraude

En décidant de faire cause commune, le Rassemblement Héritage et modernité (RHM) et l’Union nationale ont acté le renouvellement de la pratique politique (lire «RHM et Un réessaient la candidature unique»). De mémoire d’observateur, jamais l’opposition n’a abordé les législatives en rangs serrés. Jamais, elle n’a été en compétition sur autant de sièges (lire «Demi-vérités et demi-mensonges»). Jamais, elle n’a clairement affirmé son intention d’obtenir la majorité. En tous points, l’alliance scellée le 08 septembre dernier rompt avec un certain passé. Elle témoigne d’une volonté de se saisir de toutes les opportunités pour inverser l’ordre des choses. Dans cette optique, les candidats aux différentes élections devraient, a priori, mutualiser leurs forces. De ces synergies devrait naître une inédite dynamique nationale. Autant le dire : tout peut désormais être envisagé.

De fait, l’accord paraphé par Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto le laisse espérer : les personnalités engagées aux locales travailleront main dans la main avec les candidats à la députation. Le couplage des élections le laisse croire : il y aura beaucoup de monde dans les bureaux de vote. Même si chacun y sera avant tout pour des tâches précises, les représentants de listes communes ne pourront demeurer insensibles au résultat des législatives. Logiquement, ils devraient veiller au bon déroulement de l’ensemble des scrutins. Sur l’évaluation du matériel électoral, le suivi des opérations de vote, l’enregistrement et la transmission des résultats ou l’énonciation des observations, ils devraient apporter beaucoup. Sauf à douter de leur engagement, personne ne les imagine assister sans mot dire à des manipulations contre leurs coreligionnaires engagés aux législatives. D’une certaine manière, le couplage des élections apparaît comme un antidote à la fraude.

Synergies facilitées

Pour autant, cette mécanique ne peut s’enclencher sans concertation préalable. Désormais assurés de ne pas se retrouver isolés, les candidats aux législatives gagneraient à réfléchir à la gestion du scrutin. Surtout, au regard des dernières évolutions de l’actualité. Ne disposant plus de voie de recours, ils doivent chercher à limiter les risques de contentieux. Loin de leur prêter des intentions, on les imagine explorant les moyens de pression sur les démembrements du Centre gabonais des élections (CGE). Les procédures contentieuses étant désormais subordonnées au versement d’une provision, ce serait un simple ajustement imposé par la dernière décision de la Cour constitutionnelle (lire «La Cour constitutionnelle fixe ses prix»).  Des candidats peu fortunés peuvent-ils accepter d’aller au contentieux quand la procédure est payante ? Nul ne peut le croire. Du coup, il faut s’attendre à les voir redoubler d’ardeur et de vigilance dans la surveillance.

Investis par les mêmes instances et dans les mêmes conditions, les candidats aux différentes élections se sentent liés les uns aux autres. Quand bien même ces élections ne revêtent ni le même enjeu, ni la même signification, ils ont la vague impression d’être parties au même combat. Le couplage ayant profondément brouillé les cartes, les synergies s’en trouvent facilitées. Paradoxalement, avec un peu de bonne volonté et d’organisation, la fraude pourrait ne plus faire recette. Tout dépendra de la souplesse et de la nature du meccano mis en place par les différentes équipes.  A un peu plus de trois semaines du premier tour des législatives et du tour unique des locales, l’heure est peut-être à l’invention du possible.

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