A M. le président de la République par Babacar Diouf

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Son excellence, M. le président de la République, je voudrais d'abord vous féliciter de cette victoire à l'issue de l'élection présidentielle. Les résultats provisoires vous créditent d'une victoire, avec 58% des suffrages valablement exprimés. Même si les candidats ont refusé de vous féliciter, considérant que les résultats sont truqués, ils n'ont pas fourni les preuves matérielles. En renonçant à déposer un recours, ils ont juridiquement validé votre victoire.
Même si Idrissa Seck vous a mis en garde face à la presse, le lendemain il a promis, devant le Khalif des mourides qu' il renonce à toute contestation.
Face à la presse, Ousmane Sonko a dénoncé les manoeuvres frauduleuses, mais ne s'est pas engagé dans une logique de contestation. Le peuple s'est résigné et est plus calme que jamais. Donc, le Sénégal est plus calme après les élections qu' avant.
Il y a que des militants déçus et frustrés qui ont exprimé timidement leur colère à travers les réseaux sociaux ou des tentatives de marche.
Donc vous êtes même certainement surpris d'un tel calme. Vous devriez alors ignorer ces quelques agitateurs et vous concentrer sur l'essentiel. Les arrestations des militants de Rewmi et d'autres partis d'opposition ne vont pas dans le sens de l'apaisement, au contraire, elles pourraient susciter la tension à travers une volonté de "faire face à ces intimidations". L'arrestation du colonel Kébé l'a sorti de l'anonymat. Ne voyez pas en lui le titre de colonel, il est un officier à la retraite, devenu politicien ordinaire. Il ne peut plus donner des ordres, même à un soldat de première classe. Donc son appel n'intéresse pas les soldats, les civils non plus.
Si Mory Guèye, le responsable des jeunes de Rewmi a qualifié une autorité de fumeur de chanvre indien, il faut mettre ces propos dans le contexte politique où des propos plus graves sont toujours tenus. Si l'infraction de Mory mérite la prison , Reubeuss devrait exploser.
Son Excellence, vous êtes le président de tous les Sénégalais, y compris les politiciens opposants et tous les mécontents. Ce deuxième mandat doit être celui du rachat, vous devrez vous réconcilier avec tout le monde. Soit vous optez pour cette réconciliation soit vous tendez vers la dérive autoritaire. Je ne souhaite pas que vous choisissiez la deuxième, car en 2024, vous quitterez le pouvoir, jeune et laisserez des enfants très jeune.
Excellence, il n'est pas trop tard pour bien faire !!!

Babacar Diouf, professeur d'HG au lycée de Nguékokh.